Cannabinoïdes interdits en France : la liste de référence à jour (août 2026)

Cannabinoïdes interdits en France : la liste de référence à jour (août 2026)

L'essentiel à retenir : en France, trois vagues d'interdiction ont éliminé la quasi-totalité des cannabinoïdes psychoactifs du marché. D'abord le HHC et deux dérivés le 13 juin 2023, puis toute la famille des cannabinoïdes hémi-synthétiques (THCP, H4CBD, HHCPO…) le 3 juin 2024, enfin les denrées alimentaires au CBD à la mi-mai 2026 au titre du règlement Novel Food. Restent légaux : le CBD, CBG, CBDV, et le CBN issus du chanvre, dans la limite de 0,3 % de THC. Dernière vérification : 24 août 2026.

HHC, THCP, H4CBD, 10-OH-HHC, CB9… Depuis trois ans, une molécule chasse l'autre dans les rayons, et chaque interdiction en fait naître deux nouvelles. Comment savoir ce qui est réellement interdit aujourd'hui, et sur quel texte s'appuyer ?

La question n'a rien de théorique. Vendre ou détenir un cannabinoïde classé stupéfiant expose aux mêmes sanctions que le cannabis : jusqu'à un an de prison et 3 750 € d'amende pour le simple usage. Or les informations qui circulent se contredisent : certains sites annoncent le 10-OH-HHC « interdit depuis 2026 », d'autres le présentent comme légal. Les deux ne peuvent pas être vrais.

Pourquoi la liste des cannabinoïdes interdits change-t-elle si souvent ?

Le mécanisme est simple à comprendre. En France, c'est le directeur général de l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) qui inscrit une substance sur la liste des stupéfiants, par décision publiée en application de l'article L. 5132-7 du Code de la santé publique. Une fois classée, la molécule devient interdite à la production, à la vente, à la détention et à l'usage, au même titre que l'héroïne ou la cocaïne.

Problème : la chimie va plus vite que le droit. Quand l'ANSM a interdit le HHC en juin 2023, les fabricants ont mis sur le marché le THCP et le H4CBD en quelques semaines. Quand ces derniers ont été classés en juin 2024, le 10-OH-HHC et les « mix » de cannabinoïdes ont pris le relais. L'agence a fini par tirer les conséquences de cette course-poursuite : sa décision de 2024 ne vise plus des molécules une par une, mais une famille chimique entière, celle des dérivés construits sur un noyau benzo[c]chromène, la structure commune au THC et à ses cousins.

Résultat concret pour le consommateur : une molécule vendue légalement un lundi peut être un stupéfiant le mardi. Une liste n'a donc de valeur que datée et vérifiée à intervalles réguliers.

La liste de référence des cannabinoïdes interdits en France

Le tableau ci-dessous récapitule les molécules explicitement visées par les textes en vigueur au 24 août 2026.

Molécule Nom complet Statut Interdit depuis Texte
THC Delta-9-tétrahydrocannabinol Stupéfiant (toléré ≤ 0,3 % dans le chanvre) 1990 Arrêté du 22 février 1990
HHC Hexahydrocannabinol Stupéfiant 13 juin 2023 Décision ANSM du 12 juin 2023
HHCO HHC-acétate Stupéfiant 13 juin 2023 Décision ANSM du 12 juin 2023
HHCP Hexahydrocannabiphorol Stupéfiant 13 juin 2023 Décision ANSM du 12 juin 2023
H4CBD Tétrahydrocannabidiol Stupéfiant 3 juin 2024 Décision ANSM du 22 mai 2024
H2CBD Dihydrocannabidiol Stupéfiant 3 juin 2024 Décision ANSM du 22 mai 2024
THCP Tétrahydrocannabiphorol Stupéfiant 3 juin 2024 Décision ANSM du 22 mai 2024
HHCPO HHCP-acétate Stupéfiant 3 juin 2024 Décision ANSM du 22 mai 2024
THC-O, THCB, THCH, THCJD… Dérivés à noyau benzo[c]chromène Stupéfiants (classement générique) 3 juin 2024 Décision ANSM du 22 mai 2024
Spice, K2, MDA-19, 5F-Cumyl-Pegaclone… Cannabinoïdes 100 % synthétiques Stupéfiants Par vagues successives (dernier ajout : 3 juin 2024) Arrêtés et décisions successifs

13 juin 2023 : le HHC et ses deux premiers dérivés

Première vague. L'ANSM classe le HHC, le HHCO et le HHCP sur la liste des stupéfiants au motif que le HHC « présente un risque d'abus et de dépendance équivalent à celui du cannabis » et que sa structure chimique est proche du delta-9-THC. D'autres pays européens (l'Autriche et la République tchèque notamment) avaient franchi le pas dès mars 2023. À l'époque, le HHC représentait la principale alternative « légale » au cannabis vendue en boutique : son retrait a redistribué le marché en quelques jours.

3 juin 2024 : le classement générique qui a tout changé

Deuxième vague, la plus large. Par décision du 22 mai 2024, applicable le 3 juin, l'ANSM classe stupéfiants les cannabinoïdes hémi-synthétiques H4CBD et H2CBD, ainsi que l'ensemble des dérivés construits sur un noyau benzo[c]chromène, formulation générique qui couvre le THCP, le THC-O, le THCB, le THCH, le THCJD, le HHCPO et toute molécule future partageant cette structure. Le CBN, cannabinoïde naturel du vieillissement du chanvre, est expressément exclu du classement. Une mise à jour du 4 juin 2024 précise que le THCV et le THCA d'origine naturelle restent également hors liste, dans la limite de 0,3 % de THC.

La même décision ajoute une série de cannabinoïdes purement synthétiques (5F-Cumyl-Pegaclone, BZO-Hexoxizid dit MDA-19, et leurs analogues), héritiers des mélanges « Spice » et « K2 » qui circulaient en Europe dès les années 2000.

Ce classement a été contesté devant le Conseil d'État par l'Union des professionnels du CBD (le rapporteur public a rendu ses conclusions le 6 juin 2025), sans que la décision de l'ANSM ait été suspendue : elle s'applique pleinement aujourd'hui.

2025 : l'interdiction devient internationale

Le 13 mars 2025, la Commission des stupéfiants de l'ONU a inscrit le HHC au Tableau II de la Convention de 1971 sur les substances psychotropes, sur recommandation de l'OMS. Concrètement, les États parties à la Convention doivent désormais contrôler la molécule, ce qui a fermé les derniers canaux d'approvisionnement du continent, notamment néerlandais. Pour un produit acheté en ligne, l'argument « c'est légal dans le pays d'expédition » ne tient donc plus.

Et le 10-OH-HHC, le CB9, les « mix » ? Les zones grises de 2026

C'est le point sur lequel les sources divergent le plus, et la nuance mérite d'être posée clairement.

Le 10-OH-HHC (et son cousin le 8-OH-HHC) est un métabolite du HHC apparu en boutique après l'interdiction de 2024. À ce jour, aucune décision de l'ANSM ne le nomme explicitement : la dernière modification de la liste des stupéfiants, datée du 16 janvier 2026, porte sur deux cathinones de synthèse et ne mentionne aucun cannabinoïde. Les sites qui l'annoncent « interdit depuis 2026 » ne citent aucun texte, et pour cause.

Faut-il en conclure qu'il est légal ? Pas si vite. Le classement générique de 2024 vise tout dérivé à noyau benzo[c]chromène, structure que le 10-OH-HHC conserve. Selon l'interprétation retenue, il peut donc déjà tomber sous le coup de la décision existante ; la question n'a simplement pas été tranchée publiquement. Même incertitude pour les mélanges commerciaux à composition opaque (CB9, THM, CBDX et autres sigles), dont personne ne peut garantir qu'ils ne contiennent pas une molécule classée.

Notre position de commerçant est sans ambiguïté : nous ne vendons aucun de ces produits. Une molécule dont le statut juridique se discute d'un cabinet d'avocats à l'autre, dont le profil toxicologique n'est documenté par aucune étude, n'a pas sa place chez Amour de Chanvre. Le précédent est éclairant : tous les cannabinoïdes « légaux » lancés depuis 2023 ont fini classés stupéfiants dans un délai de douze à dix-huit mois.

Ce qui reste légal en France en août 2026

La liste des interdictions est longue ; ce qui demeure autorisé tient en peu de lignes, mais reste solide juridiquement.

Le CBD (cannabidiol) est légal : le Conseil d'État a définitivement annulé l'interdiction de vente des fleurs et feuilles de chanvre le 29 décembre 2022. Les produits doivent être issus de variétés de chanvre autorisées et présenter une teneur en THC inférieure ou égale à 0,3 %, seuil fixé par l'arrêté du 30 décembre 2021. Le CBG et le CBN, cannabinoïdes naturels non psychotropes, restent également hors de la liste des stupéfiants ; le CBN en a été explicitement exclu par la décision de 2024.

Une restriction majeure est toutefois entrée en application au printemps 2026, et elle concerne la forme des produits, pas la molécule : depuis la mi-mai 2026, les denrées alimentaires contenant du CBD (bonbons, boissons, compléments, aliments enrichis) doivent être retirées du marché. Le ministère de l'Agriculture l'a confirmé le 20 mai 2026 : faute d'autorisation au titre du règlement européen Novel Food (UE) 2015/2283, ces produits ne sont pas autorisés à la vente, l'EFSA n'ayant pas pu statuer sur la sécurité du CBD ingéré, position réaffirmée en février 2026. Restent licites côté alimentaire : les graines de chanvre et leurs dérivés, et les feuilles destinées à l'infusion aqueuse.

Pour Amour de Chanvre, cela signifie un catalogue recentré sur des valeurs sûres : fleurs de CBD et résines conformes au seuil de 0,3 % de THC, et infusions à base de feuilles de chanvre, seule forme de consommation orale expressément épargnée par le durcissement de 2026.

Que risque-t-on avec un cannabinoïde interdit ?

Dès lors qu'une molécule figure sur la liste des stupéfiants, le droit ne fait aucune différence avec le cannabis. L'usage constitue un délit puni d'un an d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende ; en pratique, il donne le plus souvent lieu à une amende forfaitaire délictuelle de 200 € (un projet de loi examiné au Sénat au printemps 2026 prévoit de la porter à 500 €). La détention, l'achat et la revente relèvent du trafic, puni de peines allant jusqu'à dix ans d'emprisonnement.

Point souvent ignoré : ces sanctions s'appliquent même si le produit a été acheté à l'étranger sur un site qui le présente comme légal. Seul compte le statut de la molécule en droit français.

La logique à retenir

Le marché des cannabinoïdes a longtemps fonctionné comme un jeu du chat et de la souris entre fabricants et autorités. La règle est désormais simple : tout ce qui imite le THC est interdit ou en sursis, et ce qui reste légal (CBD, CBG, CBDV, CBN sous 0,3 % de THC) est précisément ce qui existait avant la vague des molécules de synthèse. Cette page est mise à jour à chaque décision de l'ANSM ; enregistrez-la pour vérifier un produit avant achat.

FAQ : cannabinoïdes interdits en France

Quels sont les cannabinoïdes interdits en France en 2026 ?

Le THC au-delà de 0,3 %, le HHC, le HHCO et le HHCP depuis juin 2023, puis le H4CBD, le H2CBD, le THCP, le HHCPO et l'ensemble des dérivés à noyau benzo[c]chromène depuis juin 2024, ainsi que les cannabinoïdes 100 % synthétiques type Spice/K2. Le CBD, le CBG et le CBN restent légaux.

Le 10-OH-HHC est-il légal en France ?

Aucun texte ne le nomme explicitement au 24 août 2026, mais le classement générique de juin 2024 peut lui être appliqué selon l'interprétation retenue. Statut incertain, risque juridique et sanitaire réel : nous déconseillons l'achat.

Le CBD est-il interdit en France depuis 2026 ?

Non. Seules les denrées alimentaires au CBD (bonbons, boissons, compléments) ont été retirées du marché à la mi-mai 2026, au titre du règlement Novel Food. Fleurs, résines et infusions de feuilles de chanvre restent en vente légale.

Pourquoi le HHC a-t-il été interdit ?

L'ANSM a relevé un risque d'abus et de dépendance équivalent à celui du cannabis, une structure chimique proche du delta-9-THC, et des signalements d'effets indésirables graves. L'ONU a étendu ce contrôle au niveau international en mars 2025.

Que risque-t-on à commander du THCP ou du HHC en ligne ?

Les mêmes sanctions que pour le cannabis : jusqu'à un an de prison et 3 750 € d'amende pour l'usage, davantage pour la détention et la revente. Le lieu d'achat ne change rien : seul le droit français s'applique.

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